« Du Fond des Ténèbres » de Ian Rankin (2006), un polar écossais qui se perd dans son trop plein d’intrigues

Une fois n’est pas coutume, parlons également de livres déçevants sur le blog !

Ne connaissant ni les aventures de l’inspecteur Rébus, ni Ian Rankin, j’ai décidé de donner sa chance à cet ouvrage trouvé dans la bibliothèque du père de mon copain. La quatrième de couverture semblait plutôt intéressante, et pour changer l’action se passait en Ecosse. Pourquoi pas !

Quatrième de couverture :

Noël approche, les élections législatives aussi. Les ouvriers s’activent à Quuensberry House : le siège du nouveau Parlement doit être prêt à temps. La découverte d’un corps momifié dans une cheminée, puis la mort d’un mystérieux clochard passent presque inaperçues au regard de l’assassinat d’un fils de famille engagé dans la course électorale. Trois morts, dont deux inconnus : l’inspecteur Rebus voit un lien entre eux et suit son instinct. Sa hiérarchie, lui reprochant de toujours chercher ce qui n’existe pas, désapprouve. En chemin, il croisera ses démons habituels, l’alcool, la solitude, les aléas de la justice, et son vieil ennemi, le caïd  » Big Ger  » Cafferty. Mais, au cœur de ce roman, il y a surtout la beauté ténébreuse d’Edimbourg, son histoire mouvementée, et une nouvelle criminalité en filigrane : à la faveur de l’autonomie, qui va mettre la main sur l’argent et le pouvoir ?

Il faut avouer, j’ai été un peu prise de court par ce roman. Je ne sais pas si je n’étais pas dans les meilleures conditions pour le lire (ma lecture a quelque peu trainé, il est vrai), ou si cela est du au fait que je ne suis pas familière avec le style de Rankin et les histoires de l’inspecteur Rébus (Du Fond des Ténèbres est le onzième volet des aventures de l’inspecteur John Rébus).

En tout cas, il m’a été assez difficile de rentrer dans l’histoire, et de me sentir intéressée. Bien que séduite dans les premières pages par l’univers écossais qui change des traditionnels Etats-Unis pour un thriller (du moins ceux que je lis), j’ai rapidement été perdue et plutôt déçue.

Mais il y a des petites choses que j’ai du mal à comprendre. Quand j’ai un problème, qui dois-je aller voir ? Mon député au Parlement écossais, mon candidat député au Parlement écossais, ou mon député au parlement tout court ? A moins que ce soit mon député européen ? Ou mon conseiller municipal ? C’est ce que j’entends par création d’emplois.

Malgré le fait que Ian Rankin ait écrit une vingtaine d’ouvrages relatant les aventures de son protagoniste, rien n’est censé nous empêcher de ne lire qu’un seul livre, ou de les lire dans le désordre. Cependant, en faisant ainsi (je ne sais pas si les premiers tomes situent davantage l’action), le lecteur se retrouve totalement perdu dans les noms de rues et bâtiments qui se mêlent aux faits historiques et politiques liés au vote de 1979 sur la possible indépendance de l’Ecosse et la construction d’un nouveau parlement. Alors oui, Rankin est écossais, mais disons que la plupart de ses lecteurs qui ne le sont pas ne sont pas forcément très au fait de ces faits !

Nous pourrions nous y habituer si seulement Rankin ne persévérait pas dans la même voie avec ses personnages : ils arrivent tous d’un coup, les noms et surnoms se mélangent de même que les liens d’amitiés et parentés. 

Cela cause également un autre problème relatif aux dialogues : les personnages qui se connaissent déjà (je pense à l’équipe de police par exemple, ou aux membres de la même famille) emploient parfois des mots, sous-entendus ou expressions qui semblent relever de la private joke. Parfois relatif à eux-mêmes, parfois à l’histoire de l’Ecosse, ou même à la musique voire la bière, je me suis retrouvée un peu désemparée devant certains dialogues dont je n’étais pas certaine de percevoir le sens complet.

– La vie était si simple, autrefois.
Siobhan acquiesça.
– On vivait dans des cavernes et on chassait son repas à la massue…
– Et les petites filles allaient dans les écoles où on leur apprenait les bonnes manières. Aujourd’hui, vous êtes toutes diplômées de l’université du sarcasme.

Difficile d’avancer dans sa lecture et de se concentrer sur l’intrigue lorsque le lecteur a du mal à suivre qui est qui, qui a fait quoi etc. Je me suis d’ailleurs souvent reprise à lire une page une deuxième fois, ou même à revenir quelques pages plus tôt pour me remémorer un évènement. 

Car en plus de ce fouillis de personnages, Rankin est ambitieux et mélange trois intrigues différentes, trois meurtres dans son ouvrage. On se doute qu’ils sont liés – l’inspecteur Rébus va d’ailleurs vite en émettre l’hypothèse – seulement chaque intrigue semble se perdre dans des détails qui ne contribuent pas au développement de l’histoire et le lecteur avance à l’aveugle.

C’est dommage, car certains personnages ont du potentiel : un flic voyeur, un inspecteur menacé d’être sur la touche en proie à l’alcoolisme, une policière méfiante et secrète… Ils ont du relief, un passé, des secrets. Peut-être, pour une fois, est-ce un peu trop d’informations à la fois. La même remarque peut s’appliquer à l’intrigue : on sent le travail de recherche effectué par Rankin, mais le dénouement, après tant détours, détours, et fausses pistes, s’opère peut-être un peu trop tard et trop d’un coup pour que le lecteur puisse tout intégrer.

Ma note : 4.5/10

En conclusion, de solides éléments de base constituent cet ouvrage, malheureusement ils se perdent dans des méandres d’informations trop nombreuses qui embrouillent le lecteur et lui font perdre intérêt rapidement. Je me suis renseignée en parcourant d’autres critiques, et j’ai eu confirmation de ce ressenti qui s’avère plutôt général. Dommage ! 


Laisser un commentaire