Le paradoxe de la to-do liste : pourquoi il ne faut pas chercher à la terminer

Un outil pour les fans de productivité

La to do liste est probablement un des outils les plus pratiques et les plus simples à gérer pour s’organiser un minimum : version papier, version électronique, sur un beau carnet ou un petit post-it, calligraphiée ou raturée…

Toutes les versions sont acceptables et partagent le même objectif : nous permettre de mieux visualiser nos tâches afin de les effectuer de façon plus efficace.

Que ce soit prendre rendez-vous chez le dentiste, écrire le chapitre n° 10 de votre livre, ou penser à racheter un filet de courgettes ; qu’il s’agisse de tâches pour le jour même, ou à compléter dans la semaine, voire le mois, chaque élément a sa place sur votre liste selon votre organisation.

Et qu’il est agréable de marquer un des éléments de la liste comme « fait » !

Et soudain… je l’ai achevée !

Seulement voilà, l’autre jour, je me suis retrouvée dans une situation un peu paradoxale : j’avais complété ma to do liste. Totalement. Il ne restait absolument rien dessus.

Bien sûr certains me diront qu’il y a toujours quelque chose à noter. Seulement voilà, ma liste, telle qu’elle, était vide, et je n’arrivais pas à penser à quelque chose de précis à ajouter – noter « écrire un roman » par exemple est inutile.

Il est en effet contre-productif de noter sur sa to-do liste, un endroit où les tâches doivent être précises et claires, un énorme projet sans l’avoir auparavant divisé en plusieurs petites étapes (par exemple ici : trouver une trame, nommer le protagoniste, écrire le plan des chapitres etc..)

La satisfaction ? Etonnement, pas vraiment.

Donc voilà, je n’avais rien de quasi-immédiat à faire. Et au lieu de me sentir heureuse et soulagée, j’étais plutôt perplexe de ne rien trouver d’autre, presque qu’anxieuse. Cette réaction m’a paru contradictoire, en effet, la fonction de la to do liste est de nous aider à être plus efficace et organisé, mais la finalité telle qu’on l’imagine est de la terminer.

Seulement cela arrive rarement : qui a en effet réussit à complètement vider sa to do liste sans que d’autres items se rajoutent au fur et à mesure ? Ou sans subrepticement enlever un élément que l’on sait on ne fera jamais car il n’est pas nécessaire, pas urgent, ou pas en accord avec nos intérêts ?

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To do liste : la recherche du bonheur mise en pratique

Mais là ça m’est arrivé. J’ai alors tenté de réfléchir à la raison pour laquelle je me trouvais ainsi, et j’ai réalisé que la to do liste est une sorte d’exemplification du paradoxe du bonheur : on le recherche, mais quand on ne peut pas vraiment l’atteindre car on en veut « toujours plus ». Même si on est plus heureux en comparaison avec le passé, on ne sait pas apprécier cet état présent en le normalisant, et on s’efforce d’en obtenir davantage.

De même, pour la to do liste, on effectue les tâches dans l’espoir de tout compléter et d’être « libre » de toutes responsabilités. En les rayant de notre bloc note, on les raye aussi de notre esprit. Ce que nous ne réalisons pas est que ce qui nous procure satisfaction est en fait le sentiment d’accomplissement d’une tâche.

Savoir apprécier ses efforts quotidiens

En réalité, le fait terminer sa to do liste est une sorte de fantasme que nous idéalisons en pensant qu’une fois que cela arrive nous serons plus heureux, que c’est l’objectif final. Cependant cette idéalisation possède un revers négatif : elle nous empêche de pleinement apprécier nos efforts à chaque item fait car « il en reste encore à faire », et nous pousse donc à bâcler certaines choses dans un soucis de pseudo efficacité.

Il faut garder à l’esprit que même si on parvient à vider notre  to do liste, cela ne durera qu’un temps : les responsabilités vont vite revenir à la charge, et cela pourrait d’ailleurs saper encore davantage notre moral. Alors pourquoi s’obstiner à poursuivre une pseudo productivité maximale qui contribue à entretenir notre stress et nous fatigue lorsque l’on peut viser une forme de productivité optimale plus adaptée ?

Pour cela, il suffit d’établir ses priorités, puis de se dévouer à chaque tâche sans multitasking, pour enfin prendre le temps d’apprécier chaque accomplissement.

Alors la prochaine fois que vous rayer quelque chose de votre carnet, prenez un moment pour savourer, et saluez votre effort !

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One Reply to “Le paradoxe de la to-do liste : pourquoi il ne faut pas chercher à la terminer”

  1. Je comprend tout à fait ce que tu veux dire ! Avec mon bullet journal, pour les pages quotidiennes qui fonctionnent un peu comme une to-do list, j’adore rajouter des trucs (inutiles ou non) histoire d’avoir une journée remplie jusqu’au bout. C’est assez stupide quand on y pense étant donné que le but, comme tu le dis, est de finir cette liste. Mais bon, je crois que l’être humain est complexe de base donc …

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