(FR/EN) Milik, la maison d’édition “Grand Froid”

English version down below.
Bien que la foire de Francfort soit la plus grande rencontre littéraire du monde, on peut aussi y trouver les plus petites maisons d’édition du monde. Milik était présente, une des rares maisons d’édition groenlandaises, mais aussi la plus grande, avec… deux membres seulement !
IMG_2706.JPG
Alexandra Jordao de olamelama.com (c)

A la découverte du Groenland…

Dans ce pays autonome qui fait partie du Royaume de Danemark, situé entre les océans Arctique et Atlantique à l’est de l’archipel arctique canadien, les maisons d’édition se comptent en effet sur les doigts de la main, et on y dénombre seulement deux librairies. Milik se trouve à Nuuk, la capitale.
Créé en 2003 par Lene Therkildsen, éditrice et rédactrice, la maison d’édition Milik publie entre 8 et 10 livres par an, en danois et en groenlandais pour leur marché primaire domestique, et leur second marché au Danemark.
IMG_2705.JPG
Alexandra Jordao de olamelama.com (c)

Milik, maison d’édition venue du Nord

Malgré sa petite taille, Milik s’étale tout de même entre les genres de fiction, de livres d’enfants, et de non fiction. En non fiction, la maison d’édition partage de nombreux ouvrages biographiques ou bien en rapport avec la culture groenlandaise : mythes et légendes, artisanat local, tendances de home décor, livres de photos.
La collection consacrée à la fiction quant à elle, nommée Arctic Noir est d’ailleurs un clin d’œil à la collection de polars scandinave, Actes Noirs éditées par Actes Sud.
Leur but ? « Promouvoir la littérature auprès des groenlandais mais aussi faire connaître la culture de notre pays ailleurs ». Julie et Lene ont d’ailleurs organisé pour la troisième fois cette année un concours d’écriture pour les jeunes auteurs groenlandais en partenariat avec la librairie nationale du pays, ainsi que l’Institut Nordique.
«Le concours de 2012 fut un succès énorme et 10 jeunes participants ont vu leurs écrits publiés dans un recueil ». Ce concours a également révélé Niviaq Korneliussen avec son roman« HOMO sapienne », nominé au Grand prix de littérature du Conseil Nordique et cité dans de nombreux journaux, notamment The New Yorker.
IMG_2707.JPG
Alexandra Jordao de olamelama.com (c)

HOMO sapienne et Zombieland, deux pépites à découvrir

Ce livre, expliquent Julie et Lene, est un bijou de modernité. Niviaq Korneliussen y mélange les langues, les genres,les passages d’introspection. Son écriture est teintée d’un modernisme féministe à à la Virginia Woolf, « le célèbre stream of consciousness », mais aussi d’un post-modernisme déstructurant jusqu’au squelette de son histoire, en y intégrant des sms et des messages Facebook chargés d’émojis par exemple.
Comme l’expliquent Julie et Lene, Niviaq incarne « la promesse d’un renouvellement générationnel chez les groenlandais » et aborde des thèmes de société qui l’étaient encore peu jusqu’alors, notamment la question de la sexualité et des LGBTQ.
Les deux femmes ont ensuite présenté « Zombieland »de Sørine Steenholdt, nominé au prix de littérature du Conseil Nordique en 2016, dont la volonté est de donner une voix aux personnes rejetées par la société : les malades, les drogués, les personnes victimes d’abus sexuels…
IMG_2708.JPG
Alexandra Jordao de olamelama.com (c)

Une représentation littéraire de la société groenlandaise

En nous présentant ce côté sombre, ce « darkside » de la société groenlandaise, “l’auteure Sørine Steenholdt confie également une partie de sa personne dans son recueil de nouvelles”, expliquent les deux femmes.
Malik, en distribuant des ouvrages d’origine variée prenant racine dans la vie quotidienne groenlandaise, les mythes traditionnels, les contes d’enfants ou encore le rawrealism offre ainsi une image nouvelle du Groenland. Territoire au nord du monde encore mal connu.
Vous pouvez en apprendre davantage ou les contacter via le site en cliquant ici ou bien en visitant leur page Facebook.

Article originellement écrit pour le blog de Francfort en Français.


 

Although Frankfurt’s International Book Fair is the biggest literary meeting in the world, we can also find some of the smallest editors of the world there. Milik was there, one of the rare publishing house from Greenland, but also the biggest with… two employees only.

IMG_2706
Alexandra Jordao de olamelama.com (c)

Let’s discover Greenland

In this self-governed country, which is still part of Denmark though (through devolution processes, like the UK Commonwealth), located between the Arctic and Atlantic oceans to the east of the Canadian arctic archipelago, publishing houses are between 5 and 7, with only two book shops. Milik is located in Nuuk, the country’s capital.

Created in 2003 by Lene Therkildsen, publisher and editor, the publishing house Milik publishes 8 to 10 books a year in both Greenlandic and Danish ­– both for their home market in Greenland and for thir secondary market in Denmark.

IMG_2705
Alexandra Jordao de olamelama.com (c)

Milik, publishing house from the North

Despite its very small size, Milik still spreads its wings in different genres: fiction, non fiction and children books. Concerning non fiction, Milik shares many biographical books, or books related to Groenland’s culture, such as historical tales, books about local handicrafts or home decor trends or big photobooks. As for the fiction collection, named Arctic Noir, it reminds one of Actes Sud’s “Actes Noirs” thriller collection from Scandinavian countries.

Their goal? “To promote literature among Greenlander, but also to spread knowledge of our culture to other countries”. Julie and Lene have co-organized a writing competition for the third time this year, dedicated to young Greenlander authors, in partnership with the National Library and the Nordic Institute. The 2012 was a real success, and 10 of the young participants were published.

IMG_2707
Alexandra Jordao de olamelama.com (c) 

HOMO sapienne and Zombieland : the revelations

This contest has also revealed Niviaq Korneliussen with her novel “HOMO sapienne”, nominated to the literature price of the Nordic Council. It has since then been mentioned in many newspapers, including the New Yorker.

This book, explain Julie and Lene, is a modern work of art. Niviaq mixes languages, genres, retrospections and introspections. Her writing style is clearly inspired by the Woolfian feminist modernisms and its stream of consciousness, but it also transpires post modernist influences when she strips down the structure of her plot by integrating texts, Facebook messages and smileys for instance.

As Julie and Lene explain, Niviaq embodies the generational renewal among Greenlander and talks about societal themes that were not very popular until now, notably matters around sexuality and LGBTQ.

They then presented “Zombieland”, by Sørine Steenholdt, also nominated by the Nordic Council in 2016. Her goal was to give rejected people a voice: people who are sick, drugged, sexually abused persons…

IMG_2708.JPG
Alexandra Jordao de olamelama.com (c) 

A depiction of the very little known Greenland society

By presenting this dark side of Greenland’s society, the author Sørine Steenholdt even shares part of herself in her semi-autobiographical short story collection.

By publishing very diverse books taking their roots in Greenland’s daily life, traditional historical myths, children’s tales, or raw realism, Milik offers us a new and more complete vision of this still unknown country, mysterious territory of the Great North.

You can find more about them by visiting their Facebook page or by going on their website, by clicking here.

Article originally written for the Francfort in French blog.

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Leave a Reply

%d bloggers like this: