Mon top 10 films 2018, les mentions spéciales, déceptions, et aussi les navets !

Sans plus tarder, voici mon top des films de l’année 2018. Sachant que j’ai vu plus de 160 films !

Mon top 2018

Le top 3

1. Call Me By Your Name, Luca Guadagnino

La dolce vita incarnée, pureté et innocence de l’éveil des corps, naïveté d’un amour d’été… Un film solaire qui nous enveloppe de sa chaleur italienne et nous transporte dans un rêve, un souvenir, esthétique sans intellectualisation inutile. L’expression de sentiments bruts face à une recherche de l’Absolu, Call Me By Your Name nous fait voyager dans les profondeurs insondables de l’Âme et ses passions.

2. Under The Silver Lake, David Robert Mitchell

Digne d’un récit de Lewis Caroll à notre ère, Under the Silver Lake est une fable fantasmée incroyable qui m’a beaucoup rappelé l’un de mes films favoris : Mulholland Drive. Labyrinthe mental incroyable, jeu de pistes illogique, David Robert Mitchell nous fait tomber de l’autre côté du miroir, dans un L.A. psychotique conspirationniste totalement barré. Une insolente absurdité que l’on ferait bien de revoir plusieurs fois.

3. Une Pluie Sans Fin, Dong Yue

La pluie, le noir, le sang. On peut sans s’avancer affirmer que Une Pluie Sans Fin est la version chinoise des célèbre thrillers noirs à la scandinave. L’expérience de Dong Yue comme photographe est évidente : l’image est magnifique et le spectateur se perd sous cette pluie incessante, guidé par un protagoniste anti-héros qui, entre folie et noirceur, pourrait se tromper dans sa quête. En plus de tout cela, Dong Yue nous offre une fresque historique et politique sur la Chine industrielle de la fin des années 1990.

Et maintenant le reste du classement…

4. Mektoub My Love, Abdellatif Kechiche

Kechiche récidive, avec brio, et nous emmène en vacances – ces vacances sans technologies, simples, innocentes, entre amis. Un film chaud et sensuel sur les premiers émois où la lumière sublime les corps et la jeunesse. Ce film est un souvenir universel au goût de Sud et de sel.

5. Le Monde est à Toi, Romain Gavras

Version française totalement barrée d’un blockbuster digne d’Hollywood, Le Monde est à Toi nous offre des anti-héros et personnages à contre-emploi à souhait. Du loufoque, de la roue-libre : le spectateur est balancé du potentiel humoristique de François Damiens et Philippe Katerine à une Isabelle Adjani kleptomane, un Vincent Cassel complotiste, le tout sur une bande son mixant PNL et Booba sur du Balavoine ou Sardou… Un régal.

6. Le Grand Bain, Gilles Lellouche

Grand film de cette année, difficile de passer à côté, c’est sûr, mais très bonne surprise. Je m’attendais à une comédie plutôt « basique », et j’ai trouvé un film plus complexe, sur l’homme, la dépression, l’isolement. Un potentiel comique immense, un cast incroyable, Le Grand Bain n’offre pas moins un argumentaire social sur la société (faillite, désenchantement, importance du lien social, individualisme). Lellouche a su percer à jour la solitude des individus, critiquer la déliquescence sociétale et sublimer l’extraordinaire dans l’ordinaire.

7. Les Chatouilles,Andréa Bescond et Eric Métayer

Ce film m’a bouleversée. Vu à Deauville en présence de l’équipe du film, la salle a applaudi pendant au moins une dizaine de minutes l’équipe pendant que moi et probablement la moitié des spectateurs pleurions sans savoir si les pleurs ou les applaudissements finiraient en premier. Les Chatouilles traite de la pédophilie, de l’abus sur enfant au sein d’une famille et de ses proches, et du poids du secret mais aussi des doutes, de la méfiance vis-à-vis de la révélation. Un sujet tabou abordé entre danse poétique et chaos dans une réalisation incroyable et des acteurs exceptionnels (Andréa Bescond, actrice principale et réalisatrice, qui porte à l’écran son histoire, mais aussi Pierre Deladonchamps dans un rôle glaçant). Un film fort, nécessaire, touchant dont la force est qu’il ne tombe pas dans le surjoué ou le mélodramatique : beau, simple.

8. Phantom Thread, Paul Thomas Anderson

Retenue des années 50 et du monde de la (haute) couture, Paul Thomas Anderson prend son temps pour façonner ses personnages autant qu’ils le font pour leurs vêtements. Camouflage, politesse, désir, domination, pulsions de mort… le degré avec lequel l’on s’immisce dans l’intimité et l’esprit retord des personnages est perturbant, jusqu’au final, troublant, machiavélique et pourtant si poétique à la fois.

9. Le Retour du Héros, Laurent Tirard

Aimant beaucoup le théâtre et Jean Dujardin, mais beaucoup moins Mélanie Laurent, Le Retour du Héros fut une très bonne surprise. Le grand écran nous transpose en 1809, en France, en compagnie de l’odieux Capitaine Neuville. Se mélange alors le classique quiproquo digne des comédies de Molière, à l’humour décalé d’un Jean Dujardin qui n’a pas perdu son ironie, transposition d’OSS et d’imposture au 19e – le tout, en costume !

10. Pas de 10e film pour moi ! J’ai hésité avec Les Confins Du Monde ou In The Fade, mais je n’aurais pas été 100% satisfaite de cette place. Je préfère me dire que la dixième place est réservée à un des films de 2018 que j’ai raté (listé plus bas) et que je sais qu’il(s) aurai(en)t pu faire partie du classement !

Mentions spéciales

Les ovnis

  • Les Garçons Sauvages, Bertrand Mandico

Un univers qui vogue entre conte loufoque et monde hyper-sexualisé, Bertrand Mandico nous offre un voyage sur une autre planète avec cette fable. Un argumentaire fantastique – au sens premier du terme – sur les stéréotypes, l’identité, le genre, le sexisme…

  • Diamantino, Daniel Schmidt et Gabriel Abrantes

Comment décrire ce film si indescriptible ? Une critique baroque, exubérante, satirique et surtout burlesque à la sauce portugaise totalement barrée qui aborde le sujet des migrants, de l’Union Européenne, le fascisme, la corruption, l’hégémonie du foot au Portugal de façon pour le moins… originale ! Mention spéciale pour les « petits chiens touffus géants » !

  • Climax, Gaspard Noe

Noé réussit son pari de nous faire rentrer en immersion dans son film : nous dansons avec ses personnages, nous fêtons avec eux, nous badons avec eux. Malgré quelques longueurs sur la fin, des dialogues peu fins et des faiblesses dans le rôle de certains personnages non-professionnels, il est tout de même difficile de critiquer le côté artistique de ce film qui transcende danse et cinéma en une nouvelle oeuvre.

  • Annihilation, Alex Garland

Diffusé uniquement sur Netflix, on retrouve Natalie Portman dans un rôle plutôt étonnant compte tenu de sa filmographie. Drame, science-fiction, thriller, épouvante… il est compliqué de catégoriser Annihilation. On y retrouve la patte d’Alex Garland qui a travaillé sur 28 jours plus tard, Ex Machina…. Ce film nous fait rentrer dans un rêve éveillé voué à l’auto-destruction, métaphore du changement. Une sorte de pathologie fantasmagorique, rien ne sert d’essayer d’en faire trop sens : Annihilation est une substance non-identifiable.

  • Suspriria, Luca Guadagnino

Intéressant et totalement déroutant qu’il s’agisse du réalisateur de Call Me By Your Name… Un remake plutôt efficace au début, mais je suis restée sur ma fin avec les libertés prises par le réalisateur et une scène finale bien trop longue et gore compte tenu du reste du film. Je reste rangée du côté de l’original de Dario Argento, mais effort louable !

Les historiques

  • My Wonder Women, Angela Robinson

Je conseille ce film à tous ceux qui s’intéressent au personnage de Wonder Woman. Ce film est un biopic sur la vie peu conventionnelle du créateur du personnage de comics : amateur de BDSM, vivant en couple avec deux femmes, grand féministe… Le tout traité, certes, très « à l’américaine », il n’en reste pas moins un bon film.

  • Mary Shelley, Haifaa Al-Mansour

Ce film n’est peut être pas un 10/10, mais il est très intéressant pour comprendre la vie qu’a eu l’auteur du célèbre roman Frankenstein ou le Prométhée Moderne. On en apprend davantage sur la difficile vie de Marie Shelley mais aussi le contexte de création de cette oeuvre littéraire mythique ! De plus, on salue Elle Fanning dans ce rôle.

  • Blackkklansman, Spike Lee

Comment ne pas parler de ce film qui a tant fait parler de lui cette année ? Pour moi, c’est un 6.5 ou 7/10, j’ai trouvé le récit un peu trop lisse et linéaire. Mais l’histoire est exceptionnelle, d’autant plus qu’elle est vraie, et Adam Driver dedans est génial.

  • Les Confins du Monde, Guillaume Nicloux

Un film qui permet d’en apprendre davantage sur la guerre d’Indochine, et plus particulièrement sur une période peu connue et quasiment pas traitée. J’ai assisté à une cinexpérience de ce film en présence de Guillaume Nicloux (vous pouvez lire mon article ici) et j’ai beaucoup apprécié la performance de Gaspard Ulliel, mais également la façon si particulière dont a été réalisé le film.

Les touchants

  • Capharnaum, Nadine Labaki

Malgré le fait qu’on puisse reprocher à la réalisatrice d’avoir sortis les violons, ce film n’en reste pas moins extrêmement touchant. Le protagoniste, Zain Alrafeea, un garçon 12 ans, joue de façon remarquable.

  • Yomeddine, A.B. Shawky

Une petite pépite qui met en scène Rady Gamal, un ancien lépreux, et Ahmed Abdelhafiz, un jeune garçon, dans un voyage initiatique à la rencontre de leur passé. Ce que j’ai aimé dans ce film c’est le traitement très peu présent de la maladie de Rady, et surtout l’aspect très positif du film qui m’a fait penser à un joli conte.

Les originaux

  • Sans Un Bruit, John Krasinski

J’ai aimé découvrir ce film en avant-première, et son concept novateur qui tient en tension le spectateur. Un film court et efficace, malgré, il est vrai, quelques petites faiblesses où évènements plutôt « gros » (la scène de l’accouchement par exemple).

  • L’Ombre d’Emily, Paul Feig

Un petit coup de coeur pour ce film ! Il met en scène un jeu de dupe qui va crescendo, culminant par une intrigue que je n’aurai pas pensé aussi noire et tordue. Autre gros point positif du film : le duo Kendrick-Lively qui fonctionne à merveille !

  • Searching, Portée Disparue, Aneesh Chaganty

Un film original par sa réalisation : tout via un écran d’ordinateur. J’avais peur au début que ce soit fatiguant, mais pas du tout, on se prend au jeu et cela donne une certaine intention au récit. Sans parler du dénouement…

Les déceptions

1. La Forme de l’eau, Guillermo Del Toro

Trop de buzz autour d’un film que j’ai trouvé très caricatural et plutôt grotesque ! Dommage, il aurait pu y avoir une vraie poésie donnée au récit, mais le manque de subtilité de la métaphore sur l’Amérique de Trump… on repassera ! Next !

2. The House that Jack Built, Lars Von Trier

Un début extrêmement plaisant, sans parler d’un Matt Dillon exceptionnel. J’aime beaucoup l’idée du film, mais la deuxième moitié perd quelque peu en matière, sans parler de l’épilogue qui m’a totalement gâché la fin du film. Une ré-interprétation de l’Inferno de Dante grotesque. A mon sens, il n’y avait pas besoin d’explications ou d’imager les propos de Lars Von Trier ainsi.

3. La Ballade de Buster Scruggs, Joe et Ethan Coen

Deux sketches m’ont particulièrement plu : le deuxième, « Près d’Algodones » avec James Franco, et le dernier, « Les Restes Mortels ». Cependant, j’ai trouvé le niveau assez inégal entres les épisodes. Notamment « Le Ticket repas » (3e) qui est beaucoup trop long. Un peu difficile de saisir l’argument derrière tout cela, malgré un univers réussit avec brio !

4. Red Sparrow, Francis Lawrence

Une intrigue qui m’avait beaucoup plu, et au final un film fade, beaucoup trop lisse et hollywoodien. Ajoutons à cela que je n’ai jamais été fan de Jennifer Lawrence…

5. Le Grand Jeu (Molly’s Game), Aaron Sorkin

Moi qui aime beaucoup Jessica Chastain, j’ai été déçue par ce film au synopsis à la base si intéressant (et vrai !). Le film est trop long, froid, cliché. J’ai eu l’impression de retrouver une copie de Miss Sloane (2016) dans lequel Jessica Chastain joue le rôle d’une lobbyiste prête à tout engager pour soutenir une loi limitant le port d’armes à feu. Répétitif !

6. Pentagon Papers, Steven Spielberg

Décevant pour un Spielberg. Encore une fois, j’ai trouvé le film distant et froid. On se retrouve dans les méandres bureaucratiques de Washington, mais sans aucune réelle tension, et sans s’attacher aux personnages, malgré un cast exceptionnel. Le niveau ne s’élève pas. Dommage.

7. L’Empereur de Paris, Jean-François Richet

Non pas que j’en attendais beaucoup de ce film ni que j’avais spécialement prévu d’aller le voir, mais j’ai été (négativement) déçue lors de ma séance. Malgré les costumes et l’univers de la France Napoléonienne, je me suis surprise à ne pas me retrouver transportée dans cet univers, ou l’histoire. Cette histoire, c’est celle de Vidocq, joué par Cassel, qui passe de voleur à bagnard pour devenir informant puis détective… Un film qui manque de profondeur (dans l’histoire, dans les personnages), avec une intrigue répétitive et fade, digne d’un téléfilm de grandes chaines…

Les navets

Pas la peine de s’attarder davantage dessus…

  1. Le 15h17 pour Paris, Clint Eastwood
  2. Here and Now, Fabien Constant
  3. The Polka King, Maya Forbes et Wallace Wolodarsky
  4. L’Amour est une fête, Cédric Anger
  5. Dude, Olivia Milch

*

Attention, je tiens à mentionner qu’il y a plusieurs films que je n’ai pas encore vus et que je pense auraient pu faire partie de mon classement ! Je mettrais potentiellement à jour mon classement une fois visionnés.

  • Les Frères Sisters
  • Hostiles
  • First Man
  • Lady Bird
  • Burning
  • L’île aux chiens
  • Bohemian Rhapsody
  • Three Billboards
  • Assassination Nation

*

Et vous, quels sont vos coups de coeur et flops de 2018 ?

One Reply to “Mon top 10 films 2018, les mentions spéciales, déceptions, et aussi les navets !”

  1. […] films, sachant que j’ai également une liste de films à voir absolument (notamment ceux que je n’avais pas pu voir en 2018), ainsi que des réalisateurs dont j’aimerais voir davantage de films. Vous pouvez me suivre […]

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