Rencontre avec Bénédicte Hallion, créatrice d’Elémentaire Club, un podcast qui invite à la réflexion sur nos modes de vie

Tous les 15 jours, Elementaire Club propose aux auditeurs une réflexion autour de notre façon de vivre, manger, consommer, travailler, voyager…

A travers une série de reportages, Elementaire Club nous emmène à la rencontre de femmes et d’hommes qui s’interrogent sur nos modes de vie, partagent leur point de vue et repensent notre quotidien.

« Pourquoi consomme t-on de façon compulsive ? Doit-on devenir végétarien ? C’est quoi, un métier qui a du sens ? » sont autant de questions auxquelles nous tentons de répondre, à travers ces témoignages.

Découvrez l’expérience du minimalisme, partez en voyage en participant à une initiative locale, initiez vous au zéro déchet, suivez des créateurs, des artisans, des étudiants qui pensent le monde d’aujourd’hui et de demain…

Qui se cache derrière Elementaire Club ?

Après avoir fait cinq ans dans la publicité et les médias (Paulette,Next, Elle…), Bénédicte, 29 ans, a décidé de changer de vie et de rythme, et de créer son podcast : Elémentaire Club. Elle est également professeur de brand content à l’Efap.

© LesEchos.fr

L’INTERVIEW.

Pourquoi avoir choisi ce format, le podcast ?

Ayant travaillé pour RMC, je nourrissais un amour pour le format audio. Je fais partie de ces gens qui écoutent (encore !) la radio le matin. L’audio est un super outil pour faire voyager, pour l’imagination. Je trouve que c’est un support unique. 

De même, les podcast racontent une histoire. J’ai toujours nourri un intérêt pour ce format, surtout qu’à l’inverse de la radio, leur contenu est toujours actuel, avec des sujets très niches comme des cours d’histoire, des débats philosophique, ou même des ateliers comme comment écrire un film… 

Ce qui me plait avec Elémentaire Club, c’est de parler d’enjeux sociétaux. C’est compliqué à faire en seulement deux minutes, et par conséquent offrir un format reportage audio d’environ 40 – 50 minutes me semblait comme une parfaite solution. On reste libre de l’écouter quand on veut, en une fois ou pas, où l’on veut. 

Peux-tu nous présenter ton équipe ?

Camille, Sophie et Gabriel sont journalistes dans l’équipe, Cassandre est étudiante en journalisme et Aurélien est notre sound designer. Nous avons tous entre 20 et 31 ans.

Comment choisis-tu tes intervenants ? 

En faisant des recherches tout simplement. Au delà de la simple recherche d’intervenants, ce qui nous intéresse est vraiment de créer le débat, d’opposer les points de vue et de susciter l’interrogation de nos auditeurs.

Quels sont les challenges et obstacles que tu as rencontré, et continues de rencontrer dans la création de ton podcast ?

Le plus gros problème pour moi a, et est toujours, d’assurer la qualité de l’audio. C’est particulièrement difficile car nous sommes très régulièrement en reportages. Au delà de ça, il faut bien sûr ne pas être en retard dans les deadlines (1 épisodes tous les quinze jours, il faut s’y tenir !) tout en prenant bien en compte les disponibilités et agendas des différents intervenants. Il faut donc s’assurer de bien travailler en amont. 

Enfin, probablement la difficulté à être référencé !

Instagram @elementaireclub ©

Comme tu nous l’as dit, tu as travaillé 5 années dans les médias et la publicité. Les médias aujourd’hui et surtout la pub semblent être l’opposé de tout lifestyle dit « slow » ! Et avec « Elementaire club », tu t’attaques à des plus longs formats et des reportages plus profonds. Qu’est-ce qui a suscité ce revirement ?

Mon expérience personnelle, tout simplement. La publicité est un domaine professionnel très intense, sans parler du fait de vivre à Paris. C’est un rythme effréné. En parlant avec mes proches sur notre façon de vivre, de consommer, ça a éveillé une certaine prise de conscience en moi. 

Avant, j’allais quasiment toutes les semaines chez Zara pour m’acheter quelque chose. Je crois que ça été l’un des points de départ fondateur de mon interrogation. Ce qui au début me procurait du plaisir sur plusieurs jours finissait par me rendre presque anxieuse dès que je sortais du magasin avec le vêtement neuf : pourquoi j’ai acheté ça ? en aie-je vraiment besoin ? pourquoi avoir encore dépensé ? 

J’ai réalisé que j’achetais, je consommais sans plaisir, je compensais quelque chose par le biais d’achats compulsifs. 

En plus de cela, j’avais envie d’entreprendre, et je m’intéressais à l’écologie, à ce qu’on mange, à la question du travail… 

Il y a un désir de liberté que j’observe aujourd’hui chez notre génération, or l’information sur tous ces sujets est très descendants dans les grands médias. Elémentaire Club est une façon d’aider à nous déculpabiliser de certains comportements tout en apportant une prise de conscience prouvant qu’on peut tous s’adapter. 

J’ai lu plusieurs fois que Elementaire Club s’adresse surtout à la génération Y et aux suivantes. Pour toi, c’est quoi cette génération Y ? Elementaire Club offre des réponses en cette période de transition qu’on semble être en train de rencontrer ? 

On a grandit dans la culture de la surconsommation, accompagnés par les idéaux de nos parents comme quoi la réussite part de la possession. Le point d’orgue du podcast est de balayer tout cela et de mettre l’accent sur le positif : mieux être pour soi, pas seulement pour la planète, même si c’est important aussi. C’est une vraie démarche. 

Instagram @elementaireclub ©

Est-ce que les idées de chaque épisode naissent parce que toi ou quelqu’un de ton équipe pratique cela (minimalisme, slow life, vrac…) ou les épisodes ont des incidences sur vos modes de vie après coup ? 

Ça dépend. Par exemple l’épisode sur le 0 déchet m’a rendue plus vigilante, et je me suis convertie au vrac ! Après, chacun propose des sujets selon ses recherches et son expérience personnelle. 

Les gens adorent se mettre dans des cases, alors j’essaie de ne pas me coller cette étiquette d’activiste tout en dépoussiérant l’image de « l’écolo-bobo » !P

Quel est l’avenir du podcast ? Les épisodes pour le moment parlent de minimalisme, slow life, éco-consommation. Y aura-t-il d’autres formats (plus interviews / portrait que reportage ?), ou d’autres thèmes abordés (révolution numérique, internet, technologie, entrepreunariat, initiatives sociales, politiques…) 

Alors il est vrai que pour le moment les épisodes ont traité de sujets plutôt similaires. La saison 2 du podcast va faire évoluer les thèmes mais aussi le format. On souhaite alterner entre un épisode reportage et un épisode d’interview en one-to-one, inspiré des interviews de notre newsletter La Relève qui présente une initiative, une personne, une entreprise, un produit avec un impact sociétale et environnemental positif. 

A venir par exemple il y a une rencontre avec une créatrice de mode éthique ; le fondateur d’un modteur de recherche français et écolo ; une créatrice de bougie qui reverse une partie de ses recettes à une association différente chaque mois… On parlera également de yoga, de méditation et de médecines holistiques, d’éducation, ou encore est-ce qu’il vaut mieux consommer bio, local ou de saison ?

Quels sont tes projets à côté ?

Les projets à plus long terme seraient de développer le podcast dans d’autres branches, par exemple dans l’évènementiel en organisant des rencontres, des ateliers, des conférences… 

J’aimerais également développer la notion de « club », par exemple avec un abonnement et des podcasts hors série.

Et quand tu ne podcastes pas, tu fais quoi ? Car tu parles de ralentir, mais tu as l’air bien occupée ! 

(Rires) En effet, démarrer son podcast c’est du travail ! On a beaucoup de déplacements pour les reportages et les rendez-vous, et nous n’avons pas de locaux, on souhaite garder cette authenticité du reportage.

En ce moment je travaille les weekends, et j’ai toujours les cours à l’Efap que je donne. De façon générale, je suis quelqu’un de speed, mais j’essaie de ralentir en faisant du yoga, de la méditation ou de m’aérer la tête. Là je suis partie quelques jours en province chez mes parents par exemple pour souffle un peu. 

Des conseils pour ceux qui se lancent dans l’aventure podcast ? Est-il encore temps ?

Oui bien sûr c’est encore le moment ! L’important est surtout de trouver des sujets novateurs et de ne pas servir du vu et réchauffé. Par exemple je constate que certains sujets commencent à être saturés, comme celui de l’entreprenariat féminin. 

Créer son podcast c’est se faire plaisir, profiter des enquêtes que l’on fait pour creuser des sujets qui nous intéressent aussi personnellement. 

Dans tous les cas, ne pas se prendre la tête est primordial : ce ne sera jamais parfait, et ce n’est pas un problème. L’authenticité du podcast fait que ça marche aussi à mon avis, ça reste un format moins aseptisé que la radio. 

Merci beaucoup à Bénédicte de m’avoir accordé un peu de temps pour répondre à mes questions ! Je vous invite vivement à consulter son podcast et à nous dire si ça vous a plu ! 

One Reply to “Rencontre avec Bénédicte Hallion, créatrice d’Elémentaire Club, un podcast qui invite à la réflexion sur nos modes de vie”

  1. […] Pourquoi consomme t-on de façon compulsive ? Doit-on devenir végétarien ? C’est quoi, un métier qui a du sens ? sont autant de questions auxquelles Elementaire Club tente de répondre à travers des reportages et témoignages. Découvrez l’expérience du minimalisme, partez en voyage en participant à une initiative locale, initiez vous au zéro déchet, suivez des créateurs, des artisans, des étudiants qui pensent le monde d’aujourd’hui et de demain… Elementaire Club confronte des points de vue, aborde des sujets actuels et nous interroge sur nos modes de vie aujourd’hui, une écoute intéressante mais également indispensable selon moi ! J’ai d’ailleurs eu le plaisir d’interviewer sa créatrice Bénédice Hallion, interview à retrouver ici. […]

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