Routines & zone de confort : comment favorisent-elles nos peurs, et comment les surmonter pour les sublimer ?

« Ce dont vous avez le plus peur est la peur elle-même, c’est une preuve de sagesse. » Est-ce que je viens de citer Harry Potter pour commencer cet article ? Peut-être…!

La peur est un vaste sujet : c’est une réaction qui est biologiquement inscrit en nous car la peur est associée à l’instinct de survie. C’est grâce à elle que nous repérons le danger et pouvons nous en éloigner. Pour autant, dans la société moderne d’aujourd’hui, cette émotion peut être extrêmement compliquée à gérer, et prendre des proportions démesurées.

Certains ont peur de dire non, d’autres craignent d’engager une conversation avec des inconnus, nous sommes effrayés de quitter notre emploi qui nous rend malheureux de peur de ne plus être capables de s’assumer financièrement… Remarquez d’ailleurs ici que la formule « de peur » est particulièrement pertinente.

Routines et zone de confort : quand la peur s’installe au quotidien…

Ainsi, la peur fait partie de notre biologie et de notre quotidien, mais elle peut avoir tendance à s’étendre subrepticement, particulièrement lorsque nous restons ancrés dans nos routines et notre zone de confort. C’est un cercle vicieux : moins nous faisons de nouvelles choses et nous nous confrontons à l’inconfortable, moins nous serons sûrs de nous-mêmes et prônes à accueillir les nouvelles expériences à bras ouverts.

Cependant, il ne peut y avoir de croissance et de découvertes si nous n’en sortons pas, de cette zone de confort justement. Il faut donc faire face à ses peurs pour les surmonter. Pour autant, selon la peur qui vous concerne, l’idée n’est pas forcément de sauter la tête la première pour la résoudre. Ainsi, si vous avez peur de l’eau, ne vous faites pas jeter d’un avion en plein océan ! Mais il existe bien certaines techniques à appliquer au quotidien pour vivre de façon plus libérée et améliorer sa vie. Je vous les partage plus bas.

Mon expérience

Je me souviens quand j’étais à l’école, j’avais souvent le coeur qui s’accélérait avant de donner mes présentations orales devant ma classe, un problème que bon nombre d’entre nous conservent encore à l’âge adulte dans le cadre du travail par exemple et qui peut être très handicapant. Cela ne se voyait pas forcément, mais à l’intérieur, je sentais mes jambes se transformer en coton, mon estomac se tordre, ma bouche s’assécher… Le plus incompréhensible dans tout cela, c’était qu’une fois que je faisais ma présentation, je me sentais bien ! Mieux encore : quand j’avais fini, je voulais recommencer !

Je pensais être stressée par la prise de parole en public, bien que je n’étais pas forcément timide. Or il s’avère qu’en creusant un peu plus, j’ai pris conscience du fait que c’était davantage la peur de l’échec, de faire une erreur, de me ridiculiser qui m’angoissait. Plus profondément encore, cela rappelait à l’ordre mon comportement perfectionniste et ma tendance à imaginer le pire. Ainsi, comme pour les examens, pendant des jours avant l’anxiété montait petit à petit, mon cerveau imaginant les pires scénarios, jusqu’à culminer quand je me levais pour aller au tableau. Puis elle disparaissait !

Vivre sa vie avec une dose de risque

Le courage n’est pas l’absence de peur rappelons-le, mais la force d’avancer malgré celle-ci.

Comme je l’expliquais, le mécanisme de la peur provient d’une prédisposition biologique à éviter ce qui représente un danger dans le but nous garder en vie. Cependant, ce mécanisme ne correspond plus à nos modes de vies aujourd’hui : ce n’est pas une prise de parole en public ou dire non à un ami qui va mettre nous mettre en danger. En prenant conscience de cela, on se rend compte que bon nombre de nos peurs peuvent être biaisées et infondées : elles reposent sur l’angoisse de l’inconnu, et des croyances ancrées en nous depuis l’enfance dont il faut se séparer.

Selon moi, la vie ne peut pas se vivre pleinement sans risque : on ne peut pas évoluer, mûrir, découvrir de nouvelles choses et de nouvelles personnes sans cela. Sans peur, sans l’inconnu, sans prise de risque, nous restons dans ce que nous connaissons. Nous ne pouvons pas nous épanouir pleinement.

Oui, prendre un risque fait peur, puisqu’il signifie faire un pari, remettre en cause une situation connue et confortable pour quelque chose d’inconnu. Il est ainsi souvent facile de se trouver des excuses pour rationaliser nos peurs et limiter les prises de risques : « je suis trop jeune et inexpérimentée pour quitter mon CDI stable alors que je viens d’acheter un appartement » ; « je ne peux pas me reconvertir alors que j’ai deux enfants ce n’est pas raisonnable » ; « je ne peux pas déménager à l’autre bout du monde sans avoir d’emploi et de logement assurés là-bas » ; « si je refuse de venir à sa soirée, mon amie va se fâcher et ne plus me parler et je me sentirais encore plus mal, autant que j’y ailler même si je suis épuisée », « je suis trop vieille pour m’entrainer pour un marathon »…

Il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets.

Oscar Wilde

Bons nombres de succes stories d’entrepreneurs ont commencé par un pari qui semblait fou de l’extérieur, des changements de vie ont pu être enclenchés par une simple conversation avec un inconnu… La chaîne YouTube de Yes Theory illustre d’ailleurs parfaitement ce genre de situations. Ce groupe d’amis partis de rien ont surmonté leurs peurs au quotidien et ont documenté ce processus intitulé Project 30 en filmant une vidéo par jour : se promener déguisés dans la rue, sauter d’une falaise, participer à un stand up comedy show, participer à un défilé de mode… Aujourd’hui, ils continuent d’inspirer et d’aider les gens à surmonter leurs peurs. Leur devise ? Seek Discomfort, ce qui se traduit par « recherchez l’inconfort », « sortez de votre zone de confort ». Un mantra à appliquer au quotidien selon moi.

Comment surmonter ses peurs et apprendre à vivre avec ?

L’idée n’est pas nécessairement de se débarrasser de toutes ses peurs, mais de savoir les surmonter à un moment T, et ainsi de comprendre qu’elles font partie de nous et notre histoire.

  • La première des choses, tout comme pour les émotions comme j’en parlais dans cet article, est de comprendre d’où vient cette peur, pourquoi est-elle là : quelle(s) blessure(s) ravive-t-elle ? Que vous empêche-t-elle de faire ? Qu’est-ce qu’elle vous fait ressentir ? Pour cela méditez, réfléchissez, parlez-en, écrivez... C’est un processus qui peut prendre du temps, et qui peut se diviser en plusieurs couches, comme le montre mon exemple avec la prise de parole en public.
  • Acceptez justement que ce processus prenne du temps, qu’il y ait des hauts et des bas, des incompréhensions. L’important est surtout d’entamer cet exercice avec une intention positive et bienveillante envers vous, car c’est un cadeau que vous vous faites pour le futur, une libération.
  • Une fois que vos peurs sont identifiées, réfléchissez à des petits pas que vous pourriez faire pour leur faire face, et casser votre routine au quotidien grâce à ce nouveau plan d’action. Lancez vous des petits challenges !
  • Sortez de votre tête ! Trop de réflexion et d’anticipation peuvent mettre à mal ce processus d’apprivoisement de vos peurs en vous angoissant. L’idée est vraiment d’en faire un petit peu, tous les jours, et à chaque fois un petit peu plus pour s’habituer au fur et à mesure ! Pour faciliter, cela, les exercices de visualisations sont particulièrement efficaces. Comme pour les sportifs, il s’agit là d’une préparation mentale pour améliorer vos performances !
  • Célébrez vos succès : rien de tel que de se récompenser après une victoire. Psychologiquement, cela vous permettra de renforcer votre confiance en vous, mais biologiquement, cela entrainera également la sécrétion de dopamine, une « happy hormone » ! Ainsi, votre corps s’habituera peu à peu à vos nouvelles routines… et en redemandera !

Parfois, certaines peurs sont très profondément ancrées et ravivent des blessures douloureuses ; ce protocole d’apprivoisement des peurs est alors mieux effectué avec l’aide d’un professionnel, comme un hypnothérapeute, un coach de vie ou un psychologue. N’hésitez pas à vous faire aider, parfois il suffit d’un simple déclic pour que tout le reste se mette en mouvement et que vous puissiez vivre votre vie en toute liberté !

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